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Business : Une étude de la BRI (Banque des règlements internationaux) montre que les banques centrales ne sont pas convaincues par les devises digitales. Bien que de nombreux pays souhaitent créer leur propre monnaie numérique, cela reste conceptuel et peu se projettent vers l’avenir.

Le développement d’une nouvelle monnaie n’est pas une mince affaire. Alors lorsqu'il s’agit de monnaie numérique, il semblerait que les banques centrales freinent des quatre fers. La Banque des Règlements Internationaux a dernièrement interrogé 63 banques centrales au sujet des cybermonnaies, et seules quelques-unes ont l’intention de peut-être utiliser durant les six années à venir.

On appelle cela des CBDC, ou Central Bank Digital Currencies, mais l’idée ne séduit pas autant que l’on pourrait le croire. Afin d’estimer si une vague de cryptomonnaies allait déferler sur le monde, la BRI s’est donc penchée sur la question. Résultat : « […] Seul un nombre limité de banques centrales entre dans la phase pilote avec les CBDC, et elles sont moins nombreuses à penser qu’il est probable qu’une CBDC soit créée à court ou à moyen terme ».

Aujourd’hui, les banques centrales ont étudié la question, mais elles ne sont pas encore convaincues, rapporte la BRI. Au-delà de ce constat, on remarque que 70% des banques centrales s’informent, font des expériences, valident des concepts, et finalement seules cinq banques ont réussi à mettre en oeuvre des projets pilotes. Ça reste donc encore bien flou !

La BRI a voulu mesurer la probabilité de voir émerger des devises digitales à court terme (sous trois ans) et à moyen terme (sous six ans). Or 85% des sondés ont répondu cela serait très peu probable. Et plus généralement, aucune banque ne prévoit de se lancer dans les trois années à venir.

On aura compris que les banques centrales préfèrent jouer la carte de la prudence pour le moment. Mais, d’un point de vue technique, d’autres obstacles existent. En effet, la plupart des gouvernements ne peuvent pas émettre de CBDC. Pourquoi ça ? Il faut disposer d’une autorité légale, or :

un tiers des sondés n’en ont tout simplement pas,moins d’un quart en auront bientôt une, et 40% des sondés sont restés incertains.

Le bras de fer n’est pas terminé entre cybermonnaie et monnaie régalienne. Philippe Plassart, dans Le Nouvel Économiste, estime que les cryptomonnaies sont marginales et même si celles-ci « ont fait la preuve de leur solidité “algorithmique”, elles n’ont pas encore été en mesure de démontrer une commodité supérieure dans leur usage, comparées aux monnaies “régaliennes”. »

Autrement dit, les banques centrales continuent de peser le pour et le contre. Le développement de cryptomonnaies n’est pas pour demain. Toutefois, le rapport de la BRI explique que l’argent physique ne pourra plus répondre aux besoins futurs et qu’il faudra tôt ou tard opter pour la solution des CBDC.

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samedi 23 février 2019

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