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La réalité mixte du télétravail

Vendredi dernier, Elon Musk a tenu une conférence (Neuralink Progress Update - Summer 2020), qui pour GreenSI pourrait dans quelque temps entrer dans l'histoire comme celle de Steve Jobs en 2007 présentant les concepts de l'iPhone couplant 3 produits révolutionnaires (musique, téléphone, internet).

Ce second rendez-vous avec la presse, après la conférence de lancement il y a un an, a abordé les progrès de sa nouvelle start-up Neuralink vieille de 4 ans. Cette dernière développe "The Link" un composant électronique implanté dans le cerveau humain, pour en améliorer le fonctionnement, quand le cerveau est la cause de maladies comme la perte de la mémoire ou de la vue, l'anxiété ou certaines paralysies.

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Non, vous n'êtes pas dans un épisode de Black Mirror, ce n'est pas non plus un billet du 1er avril, mais visiblement le futur accélère en 2020 pour Elon Musk.

Neuralink veut produire un implant capable de lire et écrire des données neuronales auxquelles il peut avoir accès par la surface du cerveau (pour l'instant). Elle développe pour cela un "objet interface". L'annonce avait été faite il y a un an, mais cette conférence permet de mieux comprendre l'approche retenue depuis et d'assister à une première démonstration de cette interface. Elle ne concerne bien sûr pas encore l'être humain mais l'animal qui lui ressemble le plus : le cochon ;-)

imageCe sujet d'interface cérébrale n'est pourtant pas nouveau. Plusieurs équipes travaillent dessus dans le monde.

En France, CEA-Tech par exemple, dans son laboratoire LETI de Grenoble, a une équipe qui travaille sur les interfaces cerveau-machine (Brain Computer Interface) dont j'ai pu voir des travaux il y a plus d'un an. Cette recherche porte sur la facilitation du pilotage d'un exosquelette comme le présente le schéma ci-contre.

Mais à la différence de Neuralink, l'interface, appelée ici capteur, est juste posée sur le cuir chevelu et non implantée, comme on va le voir.

L'implant fait rentrer cette interface dans le domaine de l'homme augmenté. Un domaine qui a autant de fans passionnés que de détracteurs virulents. La vidéo de la conférence de vendredi a par exemple été vue 1,6 million de fois en 2 jours au moment où j'écris ces lignes, avec quand même 4 % d'avis négatifs. Il existe bien une opposition inhérente à ce type de recherches.

D'ailleurs, lors de sa présentation d'introduction, on trouve un Elon Musk qui cherche ses mots et veut les cibler juste, alors qu'il est aussi connu dans ses interviews et ses communications pour la provocation de son auditoire.

Alors pourquoi tant de précautions sur ce sujet ? Aujourd'hui, les pacemakers sont bien des composants d'électrostimulation devenus classiques dans certains traitements. Ils sont implantés dans le corps par la chirurgie, et permettent de réguler le cœur quand il faiblit ou quand il s'emballe.

Ce qui fait peut-être peur, c'est de remplacer ce type d'asservissement fermé proche de l'automatisme, par une interface ouverte qui peut bénéficier de tout le potentiel de la puissance informatique et notamment des progrès en intelligence artificielle. L'approche industrielle de Neuralink, avec des coûts de production en baisse pour permettre à une majorité de s'en équiper, peut aussi susciter des interrogations et des craintes pour l'évolution de la société. Quoi qu'il en soit, ce billet ne cherche pas à traiter de la valeur ou de l'acceptabilité de cet implant. Vous pouvez toujours dire ce que vous en pensez dans les commentaires.

Ce qui intéresse GreenSI, c'est le décodage d'une approche de l'innovation qui est presque une marque de fabrique chez Elon Musk, aussi dirigeant de Tesla et SpaceX, et dont on peut certainement beaucoup apprendre.

Neuralink a découpé le problème complexe qu'elle veut résoudre en problèmes plus simples, avec des composants industrialisables, interconnectables, qui pour GreenSI sont : l'implant "The Link", le robot chirurgien, sa recharge, l'interface R/W, l'architecture permettant le versionning et demain les applications médicales.

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L'objectif affiché par Elon Musk pour cette conférence était de recruter des talents pour Neuralink.

Ce ne sont pas moins de 13 fiches de postes d'ingénieurs ouvertes sur le site de Neuralink, avec des spécialisations systèmes et firmware, robotiques, neurologique, implants, etc. Elon Musk, lui-même ingénieur, croit à l'architecte et au design. Il ne cherche pas d'argent et n'est pas là pour vendre un concept, mais pour fabriquer des choses et il croit à l'ingénierie pour ça. Lors de la session de questions/réponses qui a suivi, c'est une dizaine de personnes, certainement soigneusement choisies pour montrer la diversité de Neuralink, qui sont venus expliquer leurs choix et donner envie de les rejoindre.

Le design de chacun de ces composants qui résout un problème plus simple est confié à une équipe qui travaille avec les autres pour que les composants puissent fonctionner ensemble. Le nombre de technologies à maîtriser pour exécuter la vision de Neuralink est impressionnant, pourtant le choix est de réaliser tout le design en interne.

Le robot chirurgien, qui seul serait capable de réaliser les connexions des électrodes, est déjà une innovation majeure en soit et aurait pu faire l'objet d'une société dédiée. Le fait de s'intéresser à l'implantation du Link dans le cerveau, mais aussi à son retrait ("réversibilité" pour Elon Musk), par ce robot chirurgien totalement autonome, montre le niveau élevé d'industrialisation visé dès le départ.

Ceci n'est pas sans rappeler l'approche de Telsa, où l'usine (Giga factory reconvertible), a été créée en même temps que le produit (le modèle Tesla). De même, l'Autopilot a de suite été une cible, alors qu'une voiture électrique puissante aurait déjà été en avance sur l'industrie automobile, même sans Autopilot. Elon Musk semble nous dire que cumuler les innovations dans un système intégré, au sein des mêmes équipes, est plus une stimulation qu'un frein.

Dans une démarche agile, on raisonne souvent en MVP – Minimum Viable Product – pour réduire la complexité. Ici, l'approche de Neuralink suggère avec cette première implémentation, que la conception générale d'ensemble et l'industrialisation peuvent également être pensés très tôt. C'est cette architecture qui permettra ensuite de versionner les composants de la chaîne et de réfléchir dès maintenant sur comment mettre à jour les implants des premiers utilisateurs quand des progrès, certainement rapides, auront été réalisés. On retrouve ici encore le parallèle avec la Tesla et son système de mise à jour automatique, logiciel puis hardware, qui a été une rupture pour l'industrie automobile.

La démonstration qui a suivi a donc considéré trois cochons, un non équipé, un équipé et un qui avait été équipé et dont l'implant a été enlevé. Neuralink aurait pu simplement faire la démonstration du produit avec le cochon équipé, mais le fait d'aborder la réversibilité permet de dérouler complètement l'expérience utilisateur : on n'aime pas The Link, on l'enlève !

imageThe Link, c’est donc un implant dans le cerveau de 23 mm par 8 mm, connecté avec de petits filaments, capable de transmettre des données sans-fil à un débit d'un mégabit par seconde issus de l'activité des neurones. Il a une autonomie recherchée d'une journée et se recharge par induction.

Le module de lecture récupère les données électriques, les convertit et peut les traiter informatiquement. C'est là le domaine de prédilection de l'intelligence artificielle puisque ces signaux ne sont pas compréhensibles et doivent être reconnus.

Lors de la démonstration "en live", il s'agissait d'émettre un bip quand le cochon reniflait, ce qui a été probant, démontrant ainsi que les signaux lisait bien une activité (le reniflement) du cochon.

Une autre expérience (montrée en vidéo) était de corréler les données du cerveau à la marche d'un cochon et de montrer qu'on est capable d'en prédire les mouvements, la position des pattes et de vérifier la précision de la prédiction. On retrouve ici l'approche sur les jumeaux numériques quand un système de lecture de données, après apprentissage, permet de représenter l'état d'un système dont il devient le jumeau numérique. On sait le faire avec des machines de l'IoT, mais l'implant ouvre le champ au vivant.

A partir de ces données, on imagine demain l'environnement de développement qui permettra d'écrire des applications de suivi médical, comme actuellement le font les Fitbit et autres Withings, après avoir remonté les données de leurs montres ou balances connectées. Des algorithmes centralisés calculent des scores de sommeil ou de santé qui sont renvoyés à l'utilisateur. Mais à la différence de ces dispositifs en "lecture seule" associés à des objets connectés, Neuralink peut "écrire" des données et donc stimuler les neurones, qui ensuite auront une action sur le corps humain. C'est là tout l'enjeu du dispositif.

Aujourd'hui la FDA (Food & drugs administration), qui aux Etats-Unis valide les produits alimentaires ou de santé, a donné son approbation et classé The Link dans la catégorie des équipements qui peuvent sauver des vies. Comme pour l'Autopilot de Tesla, Elon Musk va maintenant devoir convaincre que The Link peut réellement en sauver, et toute l'attention de la presse sera là en cas d'accident. Mais pour cela, il reste encore des étapes à franchir pour l'expérimentation sur des humains, même si le chemin parcouru est déjà considérable avec cet implant, ce robot-chirurgien et cette IA dans un même produit industriel.

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mardi 20 octobre 2020

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