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Villes et pandémie : devenir smart ou disparaître ?

En 2012 GreenSI faisait le constat, avec deux billets, des limites et freins du travail collaboratif en entreprise et posait des pistes pour un poste de travail 2.0 (on était dans les fondamentaux de l'entreprise 2.0 après la première vague de l'internet 1.0).

Ce poste de travail moderne permettrait le transfert d'usages actuellement dans l'e-mail vers de nouvelles briques fonctionnelles plus efficaces et moins destructrices de connaissances (votre boîte email est personnelle, difficile à chercher, et détruite quand vous quittez la société).

En effet, l'e-mail c'est un peu le clavier Azerty de la collaboration. Le clavier Azerty (Qwerty en anglais) a été imaginé pour ralentir la frappe de l'utilisateur quand il tapait sur des machines IBM avec des marteaux qui pouvaient se croiser et se coincer. Les lettres ont alors été organisées sur le clavier de chaque langue pour réduire ce risque et la vitesse de frappe. Depuis personne n'a pu le changer...

L'e-mail a aussi été imaginé à un autre âge (55 ans) pour assurer les premières communications écrites sur le réseau Arpanet qui deviendra Internet. Le protocole SMTP, Simple Mail Transfer Protocol, a ensuite été normalisé il y a 38 ans ce qui a permis à de multiples interfaces de pouvoir l'exploiter (Lotus Notes, Outlook, Gmail, ...).

Quant à son côté néfaste (les spams) il est passé dans la loi (anti-spams) aux Etats-Unis il y a déjà 18 ans, mais il continue de nous polluer la vie. L'e-mail est également devenu la source principale (et massive) de risque de pénétration dans l'entreprise avec le "phishing".

Il serait peut-être temps de le recentrer sur la communication et non la collaboration, mais comme pour le clavier Azerty, la chose n'est pas simple.

Slack, pour "Searchable Log of All Conversation and Knowledge" a été lancé dans le but de réduire notre dépendance à l'e-mail. Née en 2009, la société est aujourd'hui cotée au NYSE et valorisée plus de 20 milliards de dollars. Slack ne remplace pas l'e-mail, mais ses usages. Cette valorisation montre que pour la Bourse il y a bien de la valeur collaborative piégée dans l'e-mail, puisque les clients de Slack sont prêts à payer pour en tirer plus de bénéfices !

Slack gère des messages en mettant fin à l'organisation chronologique, en les organisant en canaux par sujets, par projets communs à des équipes (fin de la boîte e-mail personnelle)... Mais Slack a surtout su intégrer de multiples applications qui savent interagir avec ces canaux. L'intégration d'applications de visioconférences comme Zoom (voir Zoom sur la Digitale Workplace), permet ainsi de passer de l'écrit à la voix, sans changer de contexte de travail. Ce que l'on a su faire avec l'interface client omnicanale et le CRM, quand le site internet intègre un chatbot ou un rappel téléphonique. Slack s'est défini parfois comme "la colle" entre les applications pour une meilleure collaboration.

Pour gérer ce nouvel écosystème applicatif, Slack a développé sa galerie applicative, son propre "App Store" qui contient plus de 1800 apps sur plusieurs plateformes - iOS, Android, Linux... - et des centaines de milliers d'extensions applicatives développées spécifiquement par ses utilisateurs expérimentés. 

Ainsi, une supervision de serveurs peut publier dans un canal où l'équipe en charge de l'infrastructure peut s'organiser pour traiter l'incident. C'est l'outil idéal pour organiser des workflow simples. De plus, des "bots" intelligents peuvent aussi consulter les canaux et y mettre "leur grain sel", par exemple en ajoutant des liens utiles en rapport avec les messages pour faciliter les traitements ou l'analyse.

Mais jusqu'à présent, Slack allait chercher cette valeur dans les e-mails internes entre salariés de la même entreprise, qui étaient remplacés par l'usage de sa plateforme. En 11 ans, Slack a réussi à convaincre 12 millions d'utilisateurs actifs dans le Monde qui l'utilisent au quotidien, dont une pénétration significative en France, notamment dans le CAC40 quand on regarde leurs références.

Cette semaine, la société a annoncé une fonctionnalité majeure, Slack Connect, qui permet d'étendre les échanges entre entreprises utilisant Slack.

Pour GreenSI l'enjeu de Slack Connect est bien celui équivalent à SMTP, c'est-à-dire de normaliser les échanges de fonctions collaboratives inter-entreprises, incluant des mécanismes de sécurité comme des clés de chiffrement ou le contrôle des droits d'accès.

C'est une étape clef pour la poursuite d'un modèle alternatif aux e-mails. Il est aujourd'hui limité à 20 entreprises par canal, et n'a pas l'ambition d'une ouverture massive multi-entreprises qui passerait bien sûr par une standardisation internationale, et non un protocole privé. Mais c'est bien quand même un début d'ouverture qui amène de multiples usages potentiels entre plateformes Slack.

Cette annonce arrive aussi à un moment ou la crise sanitaire a remis la collaboration sur le devant de la scène.

Slack a bénéficié, comme la visioconférence, de la croissance mondiale générée par les entreprises confinées cherchant à poursuivre leurs activités. Cette crise a montré l'importance de la logistique qui est au cœur de l'expérience client. Une logistique qui est souvent un fonctionnement collaboratif entre plusieurs entreprises, du producteur au consommateur, au sein d'écosystèmes. Ce sera certainement un cas d'usage important de Slack Connect, pour mieux coordonner des fournisseurs d'une même chaîne logistique avec leur client.

La résilience est un cas d'école du besoin d'agilité que l'on peut difficilement programmer à l'avance dans un ERP. C'est l'équilibre entre les processus très structurants de l'ERP  et des workflow externes plus simples, qui se déplace.

Laissons donc les usages se développer et on reviendra prochainement sur la valeur que cette collaboration tirera en dehors de la boîte e-mails. On va aussi observer la réaction de Microsoft qui d'un côté n'a pas envie qu'Outlook, moteur de son cloud Office 365 disparaisse, et de l'autre côté développe depuis 5 ans Teams avec une approche inspirée de Slack.

Mais GreenSI inscrit aussi cette annonce dans une perspective plus globale d'évolution du système d'information pour la construction d'applications collaboratives. Pas uniquement la simple suppression de l'e-mail pour ses usages collaboratifs.

En effet, il existe déjà un partenariat stratégique avec Google pour l'intégration de Slack et G-Suite. Slack Connect lui donne plus d'importance en allant au-delà du partage de documents et d'événements temps-réel autour de ces documents, avec la possibilité de construire des workflow plus aboutis qui véhiculent de l'information structurée (dans G-Suite).

Un autre partenariat de Slack attire l'attention. L'infrastructure de Slack c'est AWS, le cloud d'Amazon.  C'est ce choix stratégique, de ne pas avoir sa propre infrastructure, qui permet aux entreprises avec la version "Enterprise Grid", de bénéficier d'un stockage local selon la localisation des datacenters d'Amazon, afin de respecter les règles liées à l'hébergement des messages que certaines entreprises, ou pays, peuvent imposer. Elle permet également de fournir des outils d'administration des utilisateurs centralisés.

Dans ce contexte, Slack devrait voir l'annonce cette semaine par Amazon de sa plateforme Honeycode, d'un très bon œil. Elle permet de créer rapidement et visuellement des applications mobiles et Web sans programmation ("no code"), un nouvel élément de rupture dans la sphère collaborative des SI.

Elle cible donc les utilisateurs du SI et pas la DSI.

En effet les applications "no code" ou "low code" sont souvent de la gestion de formulaire pour automatiser des workflow simples, des approbations, des enquêtes terrain ou auprès d'utilisateurs pour remonter des données depuis le mobile... C'est un domaine très proche de la collaboration, à l'intérieur de l'entreprise ou inter-entreprises, et proche de workflow que l'on retrouve... dans Slack !

Ainsi, si Slack veut être "la colle" entre toutes les applications, la capacité pour les utilisateurs à créer rapidement des applications avec le "no code", prends beaucoup plus d'ampleur en bénéficiant de cette "colle inter-applicative".

La combinaison Documents + NoCode + Canaux présente un réel potentiel d'agilité.

Espérons que les liens forts entre Amazon et Slack, pourraient donner leur donner des idées pour aller plus loin...

De la même façon que l'on a vu émerger les middleware d'interopérabilité entre applications autour des ERP, n'est-on pas en train d'observer avec Slack et le développement du "no code", la structuration et l'organisation des applications orientées utilisateurs, et centrées sur la collaboration agile de l'entreprise ?

J'entends déjà siffler dans mes oreilles que c'est le retour du "shadow IT", et bien non justement, si la DSI l'organise au lieu de le combattre ! 

Mais en attendant de voir émerger ces nouvelles approches applicatives, pour GreenSI, c'est le bon moment de se désintoxiquer de l'e-mail et de voir ce qu'il nous cache depuis 50 ans : la collaboration comme domaine de l'entreprise à urbaniser.

Découverte du bastion Teleport
BD – Le Terminal
 

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lundi 10 août 2020

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