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OCTO Presents : Guillaume Marcq ou l’histoire d’une belle initiative « Makers contre le Covid – 78 »

Guillaume, consultant au sein de notre tribu MOB, nous parle du superbe projet porté par son groupe “Makers contre le Covid – 78”. Une très belle initiative qui mobilise des centaines de personnes pour fabriquer des visières et autre matériel de protection pour ceux qui en ont besoin.

Avant de nous parler du projet, peux-tu nous parler de ton parcours et de ton métier chez OCTO ? 

J’ai commencé par faire du web les premières années de ma carrière et cela fait maintenant 6-7 ans que je fais du mobile. J’ai d’ailleurs monté une boite pour aider les personnes diabétiques et ayant des problèmes alimentaires, puis je suis retourné dans le monde de l’entreprise pour faire du dev mobile. J’ai ainsi travaillé sur des applications à destination de la population ou des services de secours. 

Je suis arrivé début 2019 chez OCTO, et j’ai directement pu travailler sur un projet qui a remporté un grand  succès : le projet pour la SNCF, que nous avons appelé “COSMO”. L’objectif était de penser et développer le nouveau système de contrôle et de régularisation qu’utilisent maintenant tous les agents de la SNCF. C’est un des projets les plus agréables que j’ai fait de toute ma carrière. C’était intéressant d’aller à la rencontre des contrôleurs sur le terrain. On a transformé un outil qui avait plus de 10 ans, on est vraiment fier de ce qu’on a pu leur apporter. Et depuis maintenant plus de 6 mois, je travaille sur un beau projet d’une de nos institutions, pour réaliser son nouvel outil de gestion d’activité et d’évènements.

Dans le contexte actuel, comment as-tu eu l’idée de réaliser des visières de protection toi-même ?

L’idée d’origine ne vient pas de moi, elle a été très largement démocratisée par la Société PRUSA, basée en République tchèque, spécialisée dans l’impression 3D. Ils ont lancé un modèle de visière, et grâce aux milliers de machines qu’ils avaient, ils ont pu en produire des milliers en quelques jours. Ils ont d’ailleurs dépassé les 55 000 unités produites.

Cette boite est très suivie dans la communauté d’impression 3D, et leur idée a eu un impact fort. On a pu voir émerger différentes initiatives pour essayer d’améliorer l’efficacité des impressions ou d’adapter les visières en fonction des besoins. Par exemple, pour améliorer le temps d’impression, économiser la matière (qui est devenue difficile à se procurer) ou encore alléger le modèle pour qu’il ne soit pas trop lourd à porter.

J’ai suivi tout cela avec attention car je suis moi-même un passionné et j’ai rejoint le mouvement il y a plusieurs semaines. En réalité, il y a plusieurs initiatives qui se sont lancées en parallèle. Par exemple, il y a eu “Visières Solidaire”, ou encore “Maker contre le Covid”, il y a aussi eu différentes plateformes qui se sont créées pour mettre en relation les personnes qui avaient besoin de matériel et ceux qui fabriquaient.

De mon côté, je fais partie d’une association dans le sud des Yvelines, HATLAB (avec 275 membres en2019, c’est une asso qui partage savoirs et savoir-faire dans les domaines de l’informatique, de l’impression 3D, du bricolage, de la couture, etc..) et je me suis dit que nous pouvions faire quelque chose à notre niveau. En effet, la confection de masques, blouses, surblouses et la fabrication de visières sont des procédés assez simples, et c’était à notre portée.

Nous pouvions apporter notre pierre à l’édifice.

J’ai donc commencé par encourager tous les membres de l’association, imprimeurs 3D et couturières, à fabriquer. On a ensuite fédéré le mouvement sur les Yvelines pour tenter d’arriver à répondre aux besoins des différentes structures et des personnes qui avaient besoin de protection : hôpitaux, médecins, EHPAD, libéraux, aide-soignants, infirmiers, etc. Deux groupes se sont formé dans les Yvelines à partir des initiatives nationales qui se sont lancés : “Shields – visière solidaire – 78 – Covid19” et “Makers contre le Covid – 78”.

Actuellement on a passé les 250 personnes qui font soit de la couture, soit de l’impression 3D en produisant H24 et 7 jours sur 7.

Comment faites-vous pour les fabriquer ? De quoi avez-vous besoin ?

L’impression d’une visière dure environ une heure, avec une imprimante standard du commerce. On a ensuite besoin de fils de plastique : on superpose des couches de plastique fondus les unes sur les autres, pour créer les objets, ce qui permet de créer la structure de la visière. Par dessus, on utilise une feuille de Plexi transparente qui permet de faire la couche de protection de la visière. Elle est tenue par des élastiques en tissus ou en caoutchouc, ou des fermoirs en plastique car les élastiques deviennent une denrée assez rare, tout comme le plastique. Des modèles sans élastique ont aussi été développés. On utilise notre propre stock et c’est d’ailleurs assez compliqué de se faire livrer.

Certaines personnes n’ont jamais autant imprimé depuis 4 semaines !

Pour tout ce qui est confection de tissus, on a besoin de voile d’hivernage ou des tissus en coton pour faire les surblouses ou les blouses. On essaye aussi de collecter chez les gens du tissus ou des draps.

Au départ on ne s’occupait que des visières, puis les différentes structures ont commencé à nous demander aussi des masques, des calots, des charlottes, des blouses et surblouses car elles commençaient à ne plus avoir de stock. On court un peu partout entre trouver des gens pour fabriquer et trouver les matières.

Actuellement on doit être à plus de 200 visières par jour. Moi par exemple je suis à environ 20 visières par jour, je les imprime 6 par 6, je suis à plus de 350 visières imprimées depuis que j’ai commencé. En tous on est à 16 000 visières, 6 000 masques et 2 000 blouses et sur-blouses distribués dans les Yvelines depuis le début.

Tout ça bien sûr, c’est du bénévolat, les gens donnent ou achètent eux-même pour produire.

Ce n’est pas du tout subventionné, c’est du financement privé, on a donc mis en place un système de de dons. Tout le matériel qui est utilisé et le stock : c’est à notre charge, ou grâce aux dons, aux associations.

Comment as-tu appris à faire ça ? Car il faut quand même s’y connaitre un peu !

Pour ma part, je m’y suis mis pendant l’été 2018, car je trouvais ça intéressant de pouvoir fabriquer moi-même et j’ai appris sur le tas. J’ai commencé à apprendre par des tutos sur le web, puis à expérimenter. J’ai découvert comment ça fonctionnait et j’ai commencé à échanger avec des personnes qui connaissaient bien le sujet, je discutais dans les fablab pour pouvoir acquérir d’autres connaissances. On peut apprendre en se débrouillant, après il y a aussi une question de temps et de matériel, car c’est environ 200 euros la machine et il faut aussi pouvoir s’approvisionner en matière. Et là, ça fait environ un an que je fais des BBL sur les impressions 3D au sein d’OCTO. 

Pour utiliser l’imprimante, il faut avant tout savoir comment récupérer un objet qui a été modélisé en 3D, (en général ce sont des formats STL), pour les intégrer dans les logiciels qui permettent de les transformer en code -du GCODE- qui est en fait une suite d’instructions textuelles à exécuter. On est pas forcément obligé de savoir modéliser pour pouvoir imprimer en 3D. Là, par exemple, les visières ont été modélisées par d’autres personnes. 

Comment vous êtes-vous organisés ? Quelle a été la logistique ? 

Dans un premier temps, nous nous sommes organisés par mail, pour voir qui était disponible, qui voulait participer, qui voulait imprimer ou coudre. Pour les commandes, cela s’est fait par Facebook. Par exemple, le premier pour qui nous avons produit est l’hôpital Mignot qui avait fait sa demande sur Facebook et ensuite nous sommes entrés en contact et on a commencé les impressions pour eux. De fil en aiguille, on a créé les groupes Facebook, qui permettent d’échanger rapidement. On a également communiqué à un certain nombre de structures ce que nous étions en train d’organiser : aux mairies, aux hôpitaux, aux forces de l’ordre. 

On a créé des formulaires pour que les gens puissent faire leur demandes de produits, et le bouche à oreille fonctionne très bien. Ca va très vite !

On a des fichiers de suivi, on suit les personnes qui se déclarent pour imprimer et pour coudre ainsi que les demandes, ce qui nous permet de savoir où on en est, à qui on a livré, où en sont les besoins et la fabrication.

Mais la grosse problématique que nous avons est la difficulté pour se déplacer. On utilise les livreurs professionnels quand c’est possible et on se repose aussi sur les personnes qui travaillent pour livrer les commandes ou s’approvisionner en stock. Cela demande beaucoup de logistique. Pour raccourcir au maximum la chaîne, on essaye de voir si les personnes qui demandent ne sont pas proches des personnes qui fabriquent et qui auraient du stock pour qu’elles puissent passer directement chez la personne récupérer le matériel. Là par exemple, la police de la ville est passée chez moi pour récupérer des visières. On essaye de faire au maximum des circuits courts.

Quel est le lien entre ce projet et ton métier chez OCTO ? 

A la base c’est de l’informatique, c’est de la conception 3D, ce n’est pas forcément du développement mais ça se fait sur ordinateur. C’est un métier d’informaticien, on utilise des logiciels qu’on appelle des slicers qui permettent de découper les objets 3D en fonction des paramètres qu’on lui donne pour créer un modèle de couches. En effet, l’imprimante imprime en superposant des étages de plastiques fondus. Ce sont des logiciels assez simples, la partie la plus compliquée est la modélisation 3D.

Et d’ailleurs, nous avons une imprimante 3D chez OCTO qui permet d’imprimer des supports, pour les UX par exemples, des goodies, des fixations pour les câbles d’ordinateur… il y a beaucoup d’usages, on peut faire tout ce qu’on veut avec. 

J’ai aussi partagé ce projet à la communauté OCTO car certains ont des imprimantes 3D et m’ont demandé des infos sur le sujet. Les Octos ont été intéressés par le sujet, c’était chouette à partager.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans ce projet ?

Ma mère est infirmière libérale, elle m’expliquait dans quelles conditions elle travaillait, et c’est de là que c’est parti. Je me suis posé la question : « comment puis-je être utile ? ». Quand on se rend compte de leurs conditions et rythme de travail, c’est dur.. Je me suis demandé, comment à notre échelle nous pouvions les aider, car c’est une situation extrêmement difficile. 

Donc si je peux apporter ma contribution et qu’à la fin on puisse soigner les gens, c’est l’essentiel et c’est pour l’intérêt général. Et quand on aura fini tout ça, j’irai boire une bonne bière !

 

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Auteur d'origine: Céline Audibert
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jeudi 28 mai 2020

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